A première vue, il n’est rien de plus humain et raisonnable que d’aimer et d’être aimé, c’est-à -dire d’éprouver de l’affection à l’égard d’une personne supposée mettre un terme à notre inquiétude, au sentiment de notre insuffisance.
N’est-ce pas l’amour qui donne à la vie tout son prix et sa signification ?
Pourtant, aux antipodes de la raison et du contentement, la passion amoureuse semble mener à la désolation, à la souffrance, au manque, au désir insatiable de possession de l’autre. Est-il alors raisonnable d’aimer ?
Est-il conforme à la raison et au bon sens d’éprouver pour quelqu’un de l’affection, de l’amitié, de la tendresse, de la sympathie, voire de la passion ?
Cette question surprend dès l’abord : que diable la raison viendrait-elle faire là où apparemment tout n’est affaire que de sentiments, d’émotions, d’appréciations subjectives et mystérieuses ?
Qui plus est, un amour raisonnable ne serait-il pas un sentiment édulcoré, voire aseptisé ? Mais de quel amour parlons-nous au juste ? S’il peut paraitre juste d’aimer, s’agit-il d’une possibilité inconditionnelle valant pour toutes les formes d’amour ?
Le verbe aimer ne recouvre-t-il pas des sentiments très variés, de sorte que tout amour ne serait pas forcément raisonnable ? Quelle est donc l’essence de l’amour : une affection pathologique, absurde, irrationnelle ou bien une aspiration sublime à la réciprocité et au dépassement de soi ?
N’y a-t-il pas finalement une sagesse de l’amour qui viendrait illuminer la raison elle-même ? visiteuse
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