Je m’interroge souvent sur la raison pour laquelle je ne suis pas encore parvenu à rencontrer un homme avec qui je pourrais construire une relation amoureuse stable et solide. Il est vrai qu’il y a chez moi des problèmes de fond qui viennent notamment de mon éducation.
L’éducation sentimentale était exclue. Les tabous se dressent alors tout naturellement et il faut du temps pour se décoincer et pour accepter l’idée que les relations amoureuses sont naturelles et non proscrites si elles se font dans un certain cadre ; le plus difficile étant de définir ce cadre.
Mais cela n’a pas suffit. Lorsque l’on décide de donner sa chance à quelqu’un parce que l’on a considéré que cette personne était digne de nous mais surtout parce que l’on a des sentiments amoureux naissants, il se peut que cette personne se désiste parce qu’elle ressent en vous tout cet environnement dans lequel vous avait été bercé et qui ne vous quitte plus.
Cela complique bien trop les choses pour la personne qui n’a pas eu une éducation aussi stricte où, du moins qui a eu plus de facilité à faire son éducation sentimentale. Il sent bien que votre amour partagé (potentiel) ne dépend pas seulement de vous mais que c’est une affaire de tradition, de famille, une affaire publique ou du moins non privé.
On peut ainsi comprendre certains hommes qui se désistent et qui ne veulent pas avoir à faire à une relation trop engageante pour eux, dans laquelle ils sentent avoir une responsabilité beaucoup trop lourde à porter. Vous aurez beau rassurer cet homme quant au fait qu’il est possible d’entamer une relation qui ne l’engagera pas dès le début mais rien n’y fera. A ce propos, les hommes n’ont pas l’exclusivité de la peur de l’engagement ; seulement, les femmes font face à cette crainte différemment des hommes.
Mais revenons aux raisons pour lesquelles les hommes ont du mal à entamer des relations amoureuses avec des femmes d’origine et de culture identique.
D’abord, la concurrence est rude, les jeunes femmes ne manquent pas en France et la grande majorité n’ont aucun problème à se doter de petits copains sans se poser les bonnes questions quant à la constitution d’un couple. Il est bien plus naturel pour elles d’avoir un copain que de ne pas en avoir, alors, en attendant de trouver le bon, on prend ce qui vient, l’avenir leur dira si c’est le bon.
D’autres part, les hommes sont entré dans ce système où l’on se prend une copine en attendant d’avoir 30 ans et de décider de se marier avec une gentille maghrébine qui plaira à Maman et à toute la famille et bien sûr à soi-même. Seulement, il ne suffit pas de le décider. Il faut pouvoir sortir de ce système où les relations amoureuses ne sont pas cadrées et aussi engageantes et donc bien plus simples.
On ne sort pas de ce système aussi aisément que l’on y entre. Car parmi ces filles avec qui ils n’envisageaient aucun engagement possible, il y en a qu’ils ont aimé très fortement voire qu’ils aiment encore. Ces jeunes femmes ont fait leur éducation sentimentale et sexuelle, ce n’est pas rien.
Résultat : tout le monde paye le prix fort. Les jeunes maghrébines attendent gentiment les jeunes maghrébins pendant que ces derniers essayent de faire tant bien que mal le deuil de leurs relations passées. Si l’amour est une chose compliquée, il l’est encore plus pour nous, jeunes maghrébins et maghrébines. Mlle Zara
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